(12 Février 2008)
(Cet article risque de vous désintéresser encore plus que les autres.. seulement pour moi, il va servir de "thérapie" en quelque sorte).
J'imagine que tout le monde a eu droit à la fameuse question "Alors, tu veux faire quoi plus tard?" (avec la variante "Tu veux faire quoi comme études/métier?").. A moins d'avoir toujours su ce que vous vouliez faire, ce qui doit être assez pratique, vous avez dû ressentir un petit malaise intérieur parce que justement, vous n'aviez pas encore d'idées précises..
En France, la question des études se pose réellement à partir de la 4°-3° (environ 14-15ans), au moment de choisir quel type de baccalauréat vous allez faire.. A 14ans, c'était simple, je voulais être avocate, changer le monde, sauver les innocents.. bref j'étais pleine d'illusions (je vous épargne les métiers que j'ai voulu faire avant.. quoique non! A 5ans, je voulais être gardienne de cimetière pour "parler aux morts parce qu'ils doivent s'ennuyer dans la terre" et à 6ans, je décidais d'être policière parce que "dès qu'un policier arrête un voleur, il garde tout le butin pour lui!".. j'avais déjà tout compris ^^)!!
Là où ma vie future a commencé à devenir plus incertaine, c'est en Seconde.. Choix crucial : le choix définitif de votre type de bac. En réalité, rien de très dramatique quand on choisit un bac général puisqu'il a vocation à être général.. Mais c'est évident que si on fait un bac littéraire pour faire des études de médecine, on part avec un sacré handicap! Dans mon esprit, c'était assez clair : j'adorais les langues étrangères, l'histoire et la sociologie tout en détestant fermement les maths et la physique! Le bac ES (économique et social) paraissait être fait pour moi.. à la rigueur le bac L (littéraire) (mais les études de Français ne me branchaient pas).. le bac S (scientifique) n'étant qu'à des années lumières de moi! Vous allez me dire : "c'est quoi le problème alors?". Réponse : mon problème s'appelait "Papa".. Mon cher paternel souhaitait que je fasse un bac Scientifique parce qu'il m'ouvrait toutes les portes (en France, on a tendance à trouver plus important les matières scientifiques qu'au reste.. à tort ou à raison! Il vaut mieux faire un bac S et après faire des études de lettres qu'un bac L et des études de lettres.. malgré le manque de logique).
Pendant environ 6mois, j'étais dans le doute : écouter les conseils de mon père ou faire ce qui me plaisait?! En soi, la réponse a toujours été claire dans ma tête : je haïssais les maths et la physique (la biologie, surtout la génétique, me passionnait en revanche) donc il était hors de question que je passe 2ans de ma vie à étudier en priorité ça! Mais devant l'obstination de mon papa, j'étais vraiment dans le doute.. jusqu'à ce qu'on me demande mes voeux définitifs où mon père répondit à ma place.. Peine perdue, j'avais donné mes voeux à ma prof d'économie, qui avait la ferme intention que j'aille dans sa classe!
C'est ainsi que jsuis allée en Première ES (de toute façon, mes notes en maths étaient trop faibles pour que j'aille en S..).. c'est ainsi que je me suis brouillée avec mon père, qui ne manquait pas une occasion aux réunions parents-profs pour "m'humilier" à sa manière.. et c'est ainsi que les profs ont commencé à développer une sympathie pour moi (en particulier ma prof de Français et ma prof d'Economie, toutes deux choquées par le comportement de mon père consistant à m'enfoncer alors que j'étais dans les premières de la classe..). Les épreuves anticipées du bac arrivèrent et les complications aussi : j'avais foiré mon épreuve de biologie (7/20), à cause de mon prof qui avait oublié un chapitre dans son cours (dommage, on est tombé dessus) et oublié de nous donner les méthodes de commentaires.. sauvé les meubles en français (épreuve écrite où j'ai eu pile 10/20) et réussi en français (oral avec 18/20).. Certes, j'avais au final réussi les épreuves anticipées (ma moyenne étant supérieure à 10/20) mais mon père était là pour me rappeler que j'avais foiré la biologie, plus petit coefficient!
La terminale fut également douloureuse : il fallait décider quelles études faire.. En première, je m'étais destinée à des études internationales, délaissant le droit (jvoulais plus être avocate) pour des études de commerce! Evidemment, mon père me soutenait cette fois car qui dit "école de commerce", dit "bon en mathématiques". C'était justement ce qui me gênait le plus.. je fus totalement dégoutée par cette profession lors d'une conférence présentée par un professionnel particulièrement désagréable et verreux! J'étais donc dans le flou le plus total, les reproches de mon père continuaient.. j'étais au plus mal! Ce fut ma prof de philo qui m'aiguilla et m'aida : j'avais trouvé une école pour travailler dans la diplomatie mais, vu les prix, j'étais méfiante.. elle se renseigna pour moi et me fit vite comprendre que je devais oublier, papa-maman n'étant pas de ce monde! Elle me proposa alors de faire Science-Politiques (une "grande école" de Paris, présente aussi en province) : le concours d'entrée étant assez complexe, elle me conseilla alors de faire une prépa (préparation aux concours des grandes Ecoles) littéraire.. Enfin heureuse de trouver ma voie, je respirais enfin!! Surtout que mon père approuvait mon projet.. Seulement, vous l'aurez compris, tout ne s'est pas passé comme prévu!
Après avoir eu mon bac ES (avec 16/20 en maths ^^), je fus acceptée en prépa littéraire.. mais au fur et à mesure, j'ai commencé à douter de mon projet : plus je me renseignais sur Science Po, moins j'avais envie d'y aller.. La suppression d'une option qui me plaisait fit tout basculer : je ne voulais plus y aller! Je sais, vous vous dites que jsuis vraiment lunatique : en même temps, ce qui m'avait fait opté pour cette école c'était une option de Droit Européen.. option supprimée l'année où j'allais entrer si je réussissais le concours! Mais évidemment, j'étais déjà inscrite au concours quand j'ai appris la nouvelle, sinon c'est pas drole! Au même moment, en me renseignant sur les universités, j'ai appris qu'il existait un cursus Droit-Langue à la fac de Nanterre.. sur concours aussi! Qu'à celà ne tienne : je suis déjà inscrite parrallèlement à la fac de Nanterre, donc je peux tenter le concours gratuitement. En clair : j'ai passé le concours de Science Po pour "le plaisir", en faisant bien en sorte de ne pas l'avoir (de toute façon, j'avais pas besoin de faire vraiment semblant ^^) et j'ai passé le concours de la fac.. en les ratant tous les deux! Avec à chaque fois les reproches de mon père.. Il n'a jamais admis le fait que je ne veuille plus faire Science Po (pour lui, je dis ça pour me voiler la face de l'avoir raté et pour ne pas assumer mon échec.. faudra m'expliquer pourquoi j'ai toujours assumé avoir raté l'autre mais bon). J'ai donc continué la prépa normalement en me destinant à des études... de droit! Retour à mon premier choix finalement!! J'ai failli continuer la prépa un an de plus, quand j'ai été acceptée en Spécialité langues.. mais ça m'ennuyait de faire 2ans d'études pour ensuite retourner en première année de droit. C'est donc après un an de prépa (que mon université a considéré comme étant une année en fac d'anglais) que je suis arrivée en droit.
Actuellement mon projet est le même depuis la prépa, tout en s'affinant un peu : concilier mon intérêt pour le droit et les langues/cultures étrangères (que je ne pratique plus vu que je n'ai plus un seul cours de langues dorénavant..). Dans l'idéal, j'aimerais faire une licence (ou bachelor) de Droit public (j'en suis à ma deuxième année sur trois), puis tenter un Master (anciennement DEA-DESS) de Droit Public mention Droits de l'Homme ou un Master de Droit Européen.. pour ensuite travailler ou dans les ONG, ou à l'ONU, ou à l'Europe (Conseil de l'Europe ou Union Européenne).. Le top du top serait exactement : valider ma 2°année, faire une année à l'étranger et valider ma licence, faire le Master des Droits de l'Homme et travailler dans les instances Européennes! C'est pas gagné.. mais qui ne tente rien n'a rien!
Les partiels du premier semestre m'ont quand même bien cassé le moral.. et les remarques de mon père sur mon projet ("ça ne mène à rien ce que tu veux faire, à part caissière à Auchan", "fais du Droit des Affaires, tu trouveras un métier au moins autre que caissière" etc etc) n'arrangent pas mon moral.. Hier encore, j'étais toute démoralisée et déprimée à cause de ce discours, ayant perdu le peu de confiance en moi que j'avais..
La nuit porte conseil parait-il : dans mon cas, c'est exact.. Si j'ai écrit tout ça, c'est avant tout pour exorciser mes vieux démons et me prouver que je ne m'étais pas battue depuis 6ans pour faire ce que je souhaite faire pour finalement abandonner à la première difficulté! J'ignore si vous aurez eu le courage de tout lire ^^
1 commentaire:
Tout lu, et tu as eu bien raison de coucher sur papier. A défaut d'aller voir un psy, c'est encore ce qu'il y a de mieux comme thérapie.
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